samedi 20 février 2016

Les prix bas


Vous l'aurez sans doute remarqué, je suis une personne assez curieuse de nature et j'essaye de me tenir au courant de tout ce qui a trait aux e-books : les ressentis, les chiffres, les prix, le marketing, l'évolution, le marché en général, quoi ! lol Je lis pas mal d'articles sur le sujet et je m'attarde assez souvent sur les blogs qui en parlent (pendant ce temps-là, je n'écris pas !!! A quand les soirées de 24 heures ? lol). Dernièrement, j'ai lu une série d'articles qui véhiculaient deux idées qui m'ont interpellé et sur lesquelles je souhaitais revenir. La première selon laquelle certains éditeurs se "plaignaient" que les courbes de leurs ventes d'e-books stagnaient, et qui accusaient la pléthore d'auteurs auto-édités de plomber ce même marché en tirant les prix vers le bas. L'autre idée concerne justement les prix bas qui susciteraient une trop grande méfiance de la part des lecteurs. Tout ceci me paraît bien étrange !

Il est vrai que l'auteur auto-édité, sauf quand il fait appel à des services extérieurs pour une couverture, une correction ou une éventuelle relecture, a assez peu de frais incompressibles à débourser. Donc il peut se permettre de fixer des prix assez raisonnables pour ses livres selon la longueur (de 2, 99 € à 4, 99 €) et bien plus bas lorsqu'il est relativement inconnu du grand public (0, 99 €). Tandis qu'en face, les éditeurs (je parle bien sûr de ceux dont la notoriété n'est plus à prouver) n'hésitent pas à afficher des prix beaucoup plus élevés (entre 7,99 € et 14,99 €), d'une part, parce que son lectorat lui est presque tout acquis, et, d'autre part, parce qu'ils ont d'autres charges plus importantes que l'achat d'une couverture. Mais pas de stock, pas d'invendus et une rémunération de 20% maximum accordée aux auteurs, eh bien personnellement, je trouve qu'ils abusent au niveau du prix de l'e-book !!! Un peu de modération ne serait pas du luxe. Constatez par vous-même. ;-)


En France, contrairement à la prédiction fantasmagorique de l'auto-édité, ce n'est pas demain la veille que le livre électronique va détrôner le livre papier. Je rappelle que dans l'hexagone le marché de l'e-book représente à peine 7% des ventes des livres !!! Le plus gros des bénéfices des éditeurs provient essentiellement de la vente papier car ils sont distribués en librairie, dans les hypermarchés, lors des salons, etc. Les lecteurs iront spontanément vers eux, la bouche en cœur, sûrs de la qualité. A l'inverse, les auto-édités n'apparaissent pas partout. Ils sont parqués sur les plate-formes marchandes, que ce soit en e-book ou en livre physique parce que hors Amazon et autre Kobo, on n'en veut pas de ces self made authors ! Leur rayonnement est plus que restreint et puis, qui irait dépenser pour un auteur inconnu en grande surface ? :-/ Tout ça pour vous expliquer que pour un éditeur, la vente des livres électroniques ne représente qu'un complément de revenus (environ un ratio de 30 % par rapport aux livres papier pour la littérature de genre) alors que pour l'auteur indépendant, c'est sa principale voire sa seule source (comme moi par exemple) ! Alors quand toutes ces maisons d'édition se plaignent que les indépendants tirent les prix vers le bas, moi, je les soupçonne plutôt de vouloir conserver leur pré carré et de vouloir le beurre, l'argent du beurre et la crémière ! 

Alors, paradoxalement, l'autre idée qui a la dent dure est celle qu'un livre à bas coût est un livre écrit avec les pieds. Là encore l'auto-édité se trouve accusé de tous les maux. Mais sur toutes les plate-formes, vous pouvez télécharger des extraits pour vous faire une idée du style de l'auteur, de son orthographe ou de sa syntaxe. Vous n'avez plus aucune excuse pour ne pas adopter vous aussi un auteur auto-édité ! ;-) Je crois que la différence fondamentale entre un éditeur et un auto-édité, est que le premier cherche avant tout à vendre (en même temps, c'est son métier) alors que pour le deuxième, ce qui l'intéresse c'est d'être lu par un maximum de gens d'où le prix dérisoire affiché à l'écran. Il ne faut pas rejeter tout en bloc sous prétexte que le livre est à 0, 99 € ou à 2, 99 €. Est-ce qu'il faut forcément qu'un livre soit très cher pour attirer les lecteurs ? Diantre, voilà la raison pour laquelle mes ventes d'e-books ne décollent pas ! Dès demain, je les place sur orbite à 4, 99 € ou, allez soyons fous, à 5, 99 € tant qu'on y est. A 0, 99 € et 2, 99 €, je suis en dessous du seuil de respectabilité ! ;-)   

@ bientôt pour un nouveau billet !

1 commentaire:

  1. En tant qu'auteur, je pense que nous avons tous la démarche de gagner correctement notre vie en vendant notre travail. Les statuts liés à l'autoédition sont très particuliers puisque nous ne pouvons être affiliés ni même payer simplement les cotisations à l'Agessa, mais être rattachés à un régime social inadapté proposé par l'Urssaf (pourquoi un peintre pourrait-il vendre en direct ses toiles et être affilié à la MDA lorsqu'un auteur faisant de même doit prendre le statut de commerçant ou profession libérale ?).
    L'auto-édité peut se débrouiller par lui même sans que la mise en ligne de son roman ne lui ait coûté un euro (corrections et mise en page maison, photo de couverture perso, etc.).
    Cela a donc un impact sur le prix de vente d'un ebook.
    Toutefois, l'édition traditionnelle est en train de tuer un marché sur lequel elle aurait pu compter pour mieux répartir ses frais de fonctionnement.
    En effet, lorsqu'on voit un roman broché grand format proposé à 20 euros, sa version numérique à 10/12 euros quand la version poche ne dépasse pas les 8 euros, on peut se poser des questions.
    Ce n'est ni logique, ni viable.
    Pour rappel, quand on achète un ebook sur Amazon, Kobo/la Fnac, on achète en réalité le droit de lire le roman ad vitam (et tant que ces sites existent) mais le fichier électronique reste lié à un système propriétaire. Si on n'est pas un as de craquage de DRM et autre piratage, on ne peut rien faire d'autre du fichier (le transférer sur n'importe quel support, l'imprimer, le partager).
    Donc un prix de moins de 6 euros me paraît raisonnable. Au-delà, autant acheter la version papier (ni écolo, ni économique, même pour la ME).
    Juliette

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