Question de point de vue




J'ai commencé très tôt à lire de la romance, vers l'âge de 14 ans.  Tombée dans la marmite sucrée depuis l'adolescence, je n'ai jamais vraiment cessé par la suite, alternant avec le policier, le thriller gore, la littérature générale ou le fantastique, mais la romance est restée mon domaine de prédilection (80%). ^^ Hum, n'essayez pas de deviner mon grand âge, je suis un vieux de la vieille ! lol J'ai donc un peu suivi au cours des années, les "changements" en matière de genres à la mode (historique, fantastique, contemporain), de couvertures (des plus scabreuses aux plus sobres), etc. Dans ce billet, je vais m'intéresser plus particulièrement à l'évolution de la narration.  

Au début de mes lectures, quand j'étais une jeune fille en fleurs (bon, maintenant je suis une rose un peu flétrie ! mdr), les romances étaient écrites, à une écrasante majorité, à la troisième personne du singulier, d'un point de vue complètement extérieur. C'est-à-dire que l'auteure derrière sa plume ou son clavier se prenait pour "Dieu" et se planquait dans la tête de tous ses protagonistes. Omniscient, il révélait les moindres émotions et pensées de ses personnages à tour de rôle. En ce temps-là (qui a dit dinosaure ?! grrr), la narration à la troisième personne faisait figure de règle tandis que celle à la première personne en était l'exception.

Oui, mais ça c'était avant (que je prenne de l'âge) ! ^^ Eh oui, depuis, la romance a bien évolué ; elle s'est mo-der-ni-sée. Terminée (ou presque) la narration à la sauce il ou elle, à l'intention des ménagères de plus ou moins cinquante ans. Place au djeun's ! lol Je constate que la tendance au niveau de la narration s'est carrément inversée. Ce qui constituait une "rareté" à l'époque devient presque la règle désormais. Avec le déploiement de la Romance moderne "à la française", de la New Romance (merci Hugo roman !), du New Adult - vous avez remarqué comme tout est nouveau et moderne lol -, c'est la première personne qui a détrôné la troisième. Qu'on se le dise, l'ère du "je" est en marche !

A propos de ce fameux "je", lui aussi a subi une évolution. Au tout début, il n'était réservé en exclusivité qu'à l'héroïne ("Outlander" de Diana Gabaldon), mais ne pas avoir le point de vue du héros frustrait sacrément les lectrices. Donc aussitôt demandé, aussitôt exaucé, les nouvelles auteures ont mis en place le... double point de vue. ^^ Soit les chapitres en "je" passaient d'un héros à l'autre dans le même livre ("Bad" de Jay Crownover), soit un autre tome était intégralement consacré aux mêmes évènements relatés du point de vue du héros ("La soumise" et "le dominant" de Tara Sue Me). Plus fort encore, à présent, vous pouvez trouver des livres hybrides ! Quand l'héroïne cause, c'est à la première personne tandis que dès que le héros livre ses pensées, c'est à la troisième ("Hell's Horsemen" de Madeline Sheehan). Bref, il y a à boire et à manger ! lol

Parmi les lectrices, je constate trois camps, les pro-je, les anti-je et les je-m'en-foutistes. lol Celles qui ne jurent que par la narration à la première personne avancent les arguments selon lesquels le "je" leur permet d'être beaucoup plus proches des héros et de ressentir plus puissamment leurs émotions. Vous vous souvenez de l'identification ? ;-) Pour les anti, je suppose qu'elles n'ont pas besoin d'une connexion plus poussée pour apprécier le livre et les héros. Quant à moi, j'appartiens au troisième clan, ni pour ni contre. J'ai connu la narration à la troisième personne à outrance, maintenant c'est la première personne. *haussement d'épaules indifférent* Je lis. Je n'ai pas vraiment le choix, en fait. lol Je m'adapte à l'évolution.

Si en tant que lectrice, je m’accommode quel que soit le mode de narration, eh bien en tant qu'auteure, j'ai bien moins d'affinités avec le "je". Vous avez dû remarquer que toutes mes romances étaient narrées à la troisième personne. :-/ J'ai déjà essayé d'écrire un livre à la première personne mais sans grand succès. Arrivée au tiers, je me suis rendue compte que c'était trop difficile et que je glissais des "il" ou "elle" inconsciemment. J'ai tout réécrit ! Et je me sentais beaucoup mieux, plus à l'aise. lol Je dois être un peu vieux jeu dans ma tête (ou rose flétrie), mais je ne désespère pas puisque je fais des petites incrustations de temps en temps. Par exemple, dans "Détraqué", pour les besoins du journal intime de Patience, dans "Indéfectible", le "je" clôturera ma dark romance, dans "En toute obscurité", ce seront les scènes chaudes qui seront contées à la première personne ! :-P

@ bientôt pour un nouveau billet ! ;-)


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